Bac 2026, spécialité maths, jour 2 (Antilles-Guyane) : sujet et corrigé
Sujet de spécialité maths du 17 juin 2026 aux Antilles-Guyane : chaîne de relais (probabilités, suite), tétraèdre d’escalade, vrai-faux, fonctions avec ln.
- Durée
- 4 heures
- Calculatrice
- autorisée
- Sujet officiel
Cherche chaque question avant d’ouvrir son corrigé. L’énoncé est le sujet officiel ressaisi ; les corrigés sont rédigés par Bac-Maths.
Format : mercredi 17 juin 2026, 4 heures, quatre exercices, calculatrice en mode examen autorisée. La qualité de la rédaction et la précision des raisonnements comptent dans la note.
Exercice 1 : une chaîne de relais (6 points)
Les trois parties de cet exercice peuvent être traitées indépendamment.
On s’intéresse à un réseau de communication constitué d’une chaine de relais (satellites, antennes, opérateurs…) pour transmettre des messages.
À chaque transmission entre deux relais successifs, des erreurs peuvent apparaitre dans le message. Une étude statistique a permis d’établir que pour chaque relai :
- si le message reçu est sans erreur, il a pourcent de chances d’être transmis sans erreur au relai suivant ;
- si le message reçu comporte des erreurs, il y a pourcent de chances que les erreurs soient corrigées et donc que le message soit transmis sans erreur au relai suivant.
On choisit au hasard un message envoyé au cours d’une journée.
Pour un événement quelconque, on désigne par barre son événement contraire et par sa probabilité.
Partie A
On considère les évènements suivants :
- : « le message reçu par le premier relai est sans erreur » ;
- : « le message reçu par le deuxième relai est sans erreur ».
On admet que .
1. Recopier et compléter l’arbre pondéré ci-dessous.
2. Montrer que .
3. Calculer barre. On arrondira le résultat à puissance négative. Interpréter le résultat dans le contexte de l’exercice.
Corrigé de la partie A
1. et barre ; et barre ; barre et barre.
2. et barre forment une partition de l’univers. D’après la formule des probabilités totales :
intersection barre fois3.
barre fraction intersection environInterprétation : quand le message reçu par le deuxième relai est sans erreur, il y a environ pourcent de chances que le message reçu par le premier relai ait comporté des erreurs (corrigées entre-temps).
Partie B
Pour vérifier le bon fonctionnement d’un relai, des tests indépendants les uns des autres sont effectués. Un test est positif si la présence d’au moins une erreur est détectée.
On admet que la probabilité qu’un test soit positif est égale à .
On choisit au hasard un échantillon de tests réalisés sur le relai. Le nombre de tests réalisés est suffisamment grand pour assimiler ce choix à un tirage avec remise.
1. On note la variable aléatoire qui à chaque échantillon de tests associe le nombre de tests positifs. Ainsi la variable aléatoire suit la loi binomiale de paramètres et .
a. Déterminer la probabilité que tests soient positifs dans cet échantillon. On arrondira le résultat à puissance négative.
b. Donner la probabilité qu’au moins un test soit positif dans cet échantillon. On arrondira le résultat à puissance négative.
c. Calculer l’espérance et la variance de la variable aléatoire .
2. On étudie une chaîne de transmission de l’information composée de relais. On considère la variable aléatoire qui à chaque échantillon de tests pratiqués sur le relai 1 associe le nombre de tests positifs. On définit de la même manière les variables aléatoires pour le relai 2, …, pour le relai 25. On admet que ces variables aléatoires sont indépendantes entre elles et qu’elles admettent la même espérance égale à et la même variance égale à . On note la variable aléatoire donnant la moyenne du nombre de tests positifs lors des contrôles effectués sur les relais. On a donc fraction.
a. Vérifier que et montrer que .
b. À l’aide de l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev, montrer que la probabilité que la moyenne des tests positifs soit strictement inférieure à est supérieure à .
Indication : on pourra utiliser, sans justification, le fait que .
Corrigé de la partie B
1. a.
coefficient binomial fois puissance environ(coefficient binomial ; la calculatrice donne .)
b. L’évènement contraire de « au moins un test positif » est « aucun test positif » :
supérieur puissance environc. fois et fois.
2. a. Par linéarité de l’espérance :
fraction foisLes variables sont indépendantes, donc la variance de la somme est la somme des variances, et au carré :
fraction au carré foisb. s’écrit , c’est-à-dire . D’après l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev :
supérieur inférieur fraction au carréEn passant à l’évènement contraire, avec l’indication :
supérieurPartie C
On désigne par un entier naturel non nul. On s’intéresse à une chaine de transmission de l’information composée de relais. On considère l’évènement : « le message reçu par le -ième relai est sans erreur ». On note la probabilité que le message reçu au -ième relai soit sans erreur. On a ainsi et .
On admet que pour tout entier naturel supérieur,
1. Montrer par récurrence que pour tout entier naturel supérieur, inférieur.
2. Montrer que la suite est convergente.
3. Déterminer la valeur exacte de sa limite.
Corrigé de la partie C
1. Pour supérieur, on note : « inférieur ».
Initialisation : fois inférieur (on retrouve de la partie A).
Hérédité : supposons inférieur pour un entier supérieur. En multipliant par puis en ajoutant :
Conclusion : est vraie pour tout supérieur.
2. La suite est décroissante (question 1) et minorée par , puisque ce sont des probabilités. D’après le théorème de convergence monotone, elle converge.
3. Notons sa limite. La fonction est continue, donc en passant à la limite dans la relation de récurrence :
fractionLa limite vaut fraction environ : après un grand nombre de relais, un message arrive sans erreur avec une probabilité proche de pourcent.
Exercice 2 : un module d’escalade (5 points)
Dans une salle d’escalade, un nouveau module en forme de tétraèdre, destiné à être posé au sol, est en cours de fabrication. Ce module servira à créer des plans inclinés.
On munit l’espace d’un repère orthonormé vecteur. L’unité est le mètre.
On considère les trois points suivants : fraction, fraction et fraction.
On modélise le module par le tétraèdre . On souhaite analyser ce module pour des raisons de construction et de sécurité.
Partie A
1. On représente ci-dessous le triangle et sa hauteur issue de .
a. Montrer que le triangle est isocèle en .
b. Montrer que l’aire du triangle est égale à m².
2. a. Vérifier qu’une équation cartésienne du plan est : .
b. Montrer que le point fraction est le projeté orthogonal du point sur le plan .
3. On rappelle que le volume d’un tétraèdre est donné par fraction fois où est l’aire d’une base et la hauteur relative à la base . En déduire le volume du module.
Corrigé de la partie A
1. a. vecteur fraction et vecteur fraction :
au carré fractionDonc fraction : le triangle est isocèle en .
b. Dans un triangle isocèle en , la hauteur issue de coupe en son milieu fraction. vecteur, donc , et fraction :
fraction fois au carré2. a. Les points , et ont tous une cote nulle, donc ils vérifient . Ils ne sont pas alignés (ils forment un triangle d’aire non nulle), donc ils définissent un plan, et ce plan est celui d’équation .
b. a une cote nulle : . De plus vecteur, et vecteur est normal au plan d’équation . Donc est orthogonale à : est le projeté orthogonal de sur ce plan.
3. Avec la base et la hauteur :
fraction fois au cubePartie B
1. On considère le vecteur vecteur pmatrix.
a. Montrer que le vecteur vecteur est un vecteur normal au plan .
b. En déduire qu’une équation cartésienne du plan est : .
c. Donner une représentation paramétrique de la droite orthogonale au plan et passant par .
2. On admet que la droite et le plan sont sécants et on désigne par leur point d’intersection. Montrer que a pour coordonnées fraction.
3. Le module est considéré adapté aux débutants si l’angle angle est strictement inférieur à . Montrer que ce module est adapté aux débutants.
Corrigé de la partie B
1. a. vecteur fraction et vecteur. Ces deux vecteurs ne sont pas colinéaires (la troisième coordonnée de vecteur est nulle, pas celle de vecteur).
vecteurvecteur est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan : il lui est normal.
b. Le plan a une équation de la forme . en fait partie : fois fraction, soit et . Une équation de est donc (vérification avec : ).
c. passe par et a pour vecteur directeur vecteur :
array fraction avec réels2. Un point de est dans quand sa cote est nulle : , soit . On obtient fraction, et : fraction.
3. vecteur et vecteur, donc racine carrée, et vecteur.
cosinus angle fraction vecteur fois racine carrée environOr fraction racine carrée, car racine carrée (puisque ). Comme le cosinus est strictement décroissant sur et cosinus fraction, on a angle (environ ) : le module est adapté aux débutants, de justesse.
Exercice 3 : vrai ou faux (4 points)
Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Justifier chaque réponse. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.
1. Le plan est muni d’un repère orthonormé.
a. On considère l’équation différentielle dérivée, où est une fonction de la variable définie sur réels. On note la solution de l’équation différentielle telle que .
Affirmation 1 : la courbe représentative de la fonction passe par le point de coordonnées logarithme ln fraction.
b. On considère la fonction définie sur l’intervalle fraction pi par : cosinus.
Affirmation 2 : sur l’intervalle fraction pi, la courbe représentative de la fonction est au-dessus de ses tangentes.
c. On considère la fonction définie sur l’intervalle infini par : fraction sinus.
Affirmation 3 : la droite d’équation est une asymptote horizontale de la courbe représentative de la fonction .
2. On considère l’équation différentielle dérivée, où est une fonction de la variable définie sur réels.
Affirmation 4 : la fonction définie sur réels par puissance est une solution de l’équation .
Corrigé de l’exercice 3
Affirmation 1 : fausse. s’écrit dérivée : ses solutions sont les fonctions puissance négative. Avec , et puissance négative. Alors :
logarithme ln puissance négative fraction différentAffirmation 2 : fausse. dérivée sinus et dérivée cosinus. Sur fraction pi, cosinus inférieur : est concave, donc sa courbe est au-dessous de ses tangentes.
Affirmation 3 : vraie. Pour , inférieur sinus, donc fraction inférieur sinus. Comme fraction en infini, le théorème des gendarmes donne fraction sinus, donc : la droite est asymptote horizontale en infini (même si la courbe la traverse une infinité de fois).
Affirmation 4 : vraie. dérivée puissance, donc :
dérivée puissanceExercice 4 : une famille de fonctions avec ln (5 points)
On considère la fonction définie sur infini par :
fraction logarithme lnoù est un réel strictement positif et logarithme ln désigne la fonction logarithme népérien.
On désigne par la représentation graphique de la fonction dans un repère orthonormé. On admet que la fonction est deux fois dérivable sur infini. On note dérivée sa dérivée première et dérivée sa dérivée seconde.
Partie A : étude d’un premier cas particulier
Dans cette partie, on se place dans le cas . La courbe est représentée sur le graphique ci-dessous. On précise que :
- le point est un point d’inflexion de la courbe ;
- est la tangente à la courbe au point .
![Courbe C2 sur ]0 ; 3,6], quadrillage de pas 0,5 : elle monte très vite depuis moins l’infini, coupe l’axe des abscisses vers x = 0,3, atteint un maximum vers x = 0,8 puis décroît, coupe de nouveau l’axe vers x = 2,5 ; le point d’inflexion A, vers (1,65 ; 1,17), porte la tangente T2 en pointillés](./figures/bac-2026-spe-j2-antilles-guyane/ex4-courbe-c2.svg)
1. On considère une primitive de la fonction sur infini. Avec la précision permise par le graphique, donner les variations de la fonction sur l’intervalle .
2. Parmi les trois courbes ci-dessous, indiquer celle qui représente dérivée et celle qui représente dérivée. Justifier.
Corrigé de la partie A
1. dérivée : les variations de se lisent sur le signe de . D’après le graphique, s’annule vers environ et vers environ ; elle est négative avant , positive entre et , négative ensuite. Donc est :
- décroissante sur ;
- croissante sur ;
- décroissante sur .
2. dérivée est la courbe 1. est croissante jusqu’à son maximum, atteint vers environ, puis décroissante : dérivée est positive puis négative, avec un changement de signe vers . Seule la courbe 1 prend des valeurs positives près de , et elle change bien de signe vers .
dérivée est la courbe 2. est un point d’inflexion, d’abscisse environ : dérivée s’annule en changeant de signe en cette abscisse. est concave avant (sous ses tangentes) et convexe après : dérivée est négative puis positive. La courbe 2 change de signe vers , la courbe 3 vers seulement. On le confirme avec la courbe 1 : dérivée décroît jusqu’à environ puis croît, donc sa dérivée dérivée est négative puis positive, avec un changement de signe à cet endroit.
Partie B : étude d’un second cas particulier
Dans cette partie on se place dans le cas . On considère la fonction définie sur infini par :
fraction logarithme ln1. a. Montrer que pour tout réel : dérivée fraction logarithme ln au carré.
b. Déterminer la limite de dérivée lorsque tend vers infini.
2. On admet que :
- l’axe des ordonnées est une asymptote de la courbe de dérivée ;
- pour tout réel , dérivée fraction logarithme ln au cube.
On donne ci-dessous le tableau de variations de dérivée sur l’intervalle infini.
array ccccc puissance fraction infini dérivée2. a. Justifier les variations de la fonction dérivée sur l’intervalle infini et la valeur de l’extremum.
2. b. Justifier la limite de la fonction dérivée en .
2. c. Montrer qu’il existe une unique solution à l’équation dérivée sur infini. En déduire que admet un maximum sur l’intervalle infini.
2. d. Recopier et compléter les pointillés du programme écrit en langage Python ci-dessous, afin qu’il renvoie une valeur approchée à puissance négative près de la solution de l’équation dérivée sur infini.
def d(x) :
return -1-ln(x)/x**2
def alpha() :
u = 0.5
while d(u) … 0 :
u = …
return uOn rappelle que x**2 désigne au carré.
Corrigé de la partie B
1. a. La dérivée de est . Pour fraction logarithme ln avec logarithme ln et :
fraction logarithme ln dérivée fois au carréDonc dérivée fraction logarithme ln au carré.
b. fraction logarithme ln au carré fois. Par croissance comparée, fraction logarithme ln en infini, et fraction : le produit tend vers . Donc limite infini dérivée.
2. a. Pour , au cube : dérivée a le signe de logarithme ln.
logarithme ln fraction puissanceDonc dérivée sur puissance fraction et dérivée sur puissance fraction infini : dérivée est décroissante puis croissante, avec un minimum en puissance fraction. Comme logarithme ln puissance fraction et puissance fraction au carré :
dérivée puissance fractionb. Quand puissance, logarithme ln infini et fraction au carré infini, donc fraction logarithme ln au carré fois infini. Par suite, fraction logarithme ln au carré infini et limite puissance dérivée infini.
c. Sur puissance fraction, dérivée est continue (car dérivable) et strictement décroissante, de infini à fraction. Comme est compris entre ces valeurs, le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires assure que l’équation dérivée a une unique solution sur cet intervalle.
Sur puissance fraction infini, dérivée est croissante de limite , donc dérivée : pas de solution. L’équation a donc une unique solution sur infini.
D’après les variations de dérivée, dérivée sur et dérivée sur infini : est croissante puis décroissante, elle admet donc un maximum en , qui vaut .
d. fraction logarithme ln environ et : on avance par pas de tant que est strictement positif.
def alpha() :
u = 0.5
while d(u) > 0 :
u = u + 0.01
return uLa fonction renvoie (Python affiche 0.6600000000000001, à cause des arrondis sur les nombres flottants) : c’est le premier pour lequel inférieur, donc inférieur (environ).
Partie C : quelconque
On considère la fonction définie sur infini par fraction logarithme ln et la fonction définie sur infini par fraction logarithme ln au carré. On admet que est dérivable sur infini.
1. Montrer que la fonction est une primitive de .
On rappelle que est un réel strictement positif et que est la fonction définie sur infini par :
fraction logarithme ln2. Existe-t-il une valeur de pour laquelle la valeur moyenne de la fonction sur l’intervalle est égale à ? Justifier.
Corrigé de la partie C
1. fraction au carré avec logarithme ln et dérivée fraction, donc dérivée :
dérivée logarithme ln fois fractionest une primitive de sur infini.
2. Oui. On a , et la valeur moyenne de sur vaut fraction intégrale puissance. Calculons l’intégrale :
intégrale puissance fraction au carréintégrale puissance fraction fois au carréPar linéarité :
intégrale puissance fraction au carréLa valeur moyenne est nulle si et seulement si cette intégrale est nulle :
fraction au carréCe nombre est strictement positif (environ) : il convient. La valeur moyenne de sur est nulle pour fraction au carré, et seulement pour cette valeur.
Sujet officiel
26-MATJ2AG1 · session 2026Énoncé © ministère de l’Éducation nationale, ressaisi. Corrigé : Bac-Maths.