Cherche chaque question avant d’ouvrir son corrigé. L’énoncé est le sujet officiel ressaisi ; les corrigés sont rédigés par Bac-Maths.
Format : 4 heures, quatre exercices indépendants, calculatrice en mode examen autorisée (ou calculatrice « type collège »). La qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements comptent dans la note.
Exercice 1 : tirs à l’arc et suite arithmético-géométrique (5 points)
5 points
Un tireur à l’arc s’entraîne sur une cible dans le but d’atteindre son centre. On modélise la situation de la façon suivante :
au premier tir, il atteint le centre de la cible avec une probabilité de 21fraction ;
pour les tirs suivants :
lorsqu’il a atteint le centre de la cible au tir précédent, la probabilité qu’il atteigne à nouveau le centre de la cible est 54fraction ;
lorsqu’il n’a pas atteint le centre de la cible au tir précédent, la probabilité qu’il atteigne le centre de la cible est 31fraction.
Pour tout entier naturel n non nul, on considère l’événement Tn : « Le tireur atteint le centre de la cible au n-ième tir ». On note pn=P(Tn) la probabilité que l’évènement Tn se réalise.
1. Donner la valeur de p1 et montrer que p2=3017fraction.
2. Recopier sur la copie l’arbre de probabilité suivant et compléter les pointillés avec les probabilités qui conviennent :
3. Montrer que pour tout entier naturel n non nul :
pn+1=157pn+31fraction
4. On considère la suite (un) définie pour tout entier naturel n non nul par :
un=pn−85fraction
a. Montrer que la suite (un) est une suite géométrique de raison 157fraction.
b. Déterminer une expression de un en fonction de n.
c. En déduire une expression de pn en fonction de n.
5. Déterminer la limite de la suite (pn) et interpréter cette limite dans le contexte de l’exercice.
6. On considère ci-dessous une fonction seuil, incomplète, écrite en langage Python. Recopier cette fonction sur la copie en complétant les pointillés afin qu’elle renvoie la plus petite valeur de l’entier n telle que pn soit supérieur ou égal à 0,6.
def seuil(): n = 1 p = 0.5 while ………: n = ……… p = ……… return ………
7. Résoudre dans Nentiers naturels l’inéquation pn≥0,6supérieur.
Corrigé de l’exercice 1
1. Au premier tir, p1=21fraction. D’après la formule des probabilités totales, avec la partition T1, T1barre :
5. Comme 0<157<1fraction, (157)n−1→0fraction puissance quand n→+∞infini. Donc :
n→+∞limpn=85=0,625limite infini fraction
Après un grand nombre de tirs, la probabilité que le tireur atteigne le centre de la cible se stabilise autour de 0,625 : à long terme, il touche le centre environ 62,5%pourcent du temps.
6. On continue tant que pn<0,6, en passant au tir suivant grâce à la relation de la question 3 :
def seuil(): n = 1 p = 0.5 while p < 0.6: n = n + 1 p = 7/15*p + 1/3 return n
L’ordre des deux lignes de la boucle n’a pas d’importance ici, car la mise à jour de p n’utilise pas n. La fonction renvoie 4 (voir question 7).
On change le sens de l’inégalité car ln(157)<0logarithme ln fraction. À la calculatrice, ln(157)ln(0,2)=ln(715)ln5≈2,11fraction logarithme ln environ, donc n≥3,11supérieur environ.
Les solutions sont les entiers n≥4supérieur. Contrôle : p3≈0,598<0,6environ et p4≈0,612≥0,6environ supérieur.
Exercice 2 : vrai ou faux (5 points)
5 points
Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse en justifiant votre choix. Une réponse non argumentée ne sera pas prise en compte dans l’évaluation.
1. On considère la fonction f définie sur l’intervalle ]1;+∞[infini par :
f(x)=x2−1x−1fraction racine carrée au carré
Affirmation 1 : La fonction f admet pour limite 1 en +∞infini.
2. On considère la suite (wn) définie par w0=1 et pour tout entier naturel n par :
wn+1=wn+2n+3
Affirmation 2 : Pour tout entier naturel n, wn=(n+1)2au carré.
3. Soit p un nombre réel tel que 0<p<1. On considère une variable aléatoire X qui suit la loi binomiale de paramètres 3 et p. On note P(X=1) la probabilité de l’évènement (X=1).
Affirmation 3 : P(X=1)=3p−6p2+3p3au carré cube.
4. On considère la suite (vn) définie pour tout entier naturel n≥1supérieur par :
vn=∫01enxdxintégrale puissance
Affirmation 4 : Pour tout entier naturel n≥1supérieur, vn=nenfraction puissance.
5. On colorie en rouge, jaune ou noir chacune des 16 cases d’un quadrillage.
Affirmation 5 : On peut réaliser (316)coefficient binomial coloriages différents.
Corrigé de l’exercice 2
Affirmation 1 : vraie. Pour x>1, x2−1=(x−1)(x+1)au carré avec x−1>0 et x+1>0, donc x2−1=x−1x+1racine carrée au carré et x−1=(x−1)2racine carrée au carré. Ainsi :
Quand x→+∞infini, x1→0fraction, donc le quotient sous la racine tend vers 1 et, par continuité de la racine carrée, f(x)→1=1racine carrée.
Affirmation 2 : vraie. Démontrons par récurrence la propriété P(n) : wn=(n+1)2au carré.
Initialisation : w0=1=(0+1)2au carré, donc P(0) est vraie.
Hérédité : supposons wn=(n+1)2au carré pour un entier naturel n. Alors :
donc P(n+1) est vraie.
Conclusion : pour tout entier naturel n, wn=(n+1)2au carré.
Affirmation 3 : vraie.
P(X=1)=(13)p1(1−p)2=3p(1−2p+p2)=3p−6p2+3p3coefficient binomial puissance au carré cube
Affirmation 4 : fausse. Pour n≥1supérieur, une primitive de x↦enxpuissance est x↦n1enxfraction puissance, donc :
vn=[nenx]01=nen−1fraction puissance
Par exemple, v1=e−1=edifférent. L’oubli de la borne 0 (où e0=1puissance) donne la formule de l’affirmation.
Affirmation 5 : fausse. Un coloriage revient à choisir une couleur parmi 3 pour chacune des 16 cases : c’est une 16-liste d’éléments d’un ensemble à 3 éléments. Il y a donc 316=43046721puissance coloriages, alors que (316)=616×15×14=560coefficient binomial fraction fois (nombre de façons de choisir 3 cases parmi 16).
Exercice 3 : géométrie dans l’espace (5 points)
5 points
Dans l’espace muni d’un repère orthonormé (O;,,k)vecteur de l’espace, on considère les points suivants A(0;0;1) ; B(1;2;3) ; C(3;3;1) ; E(2;−2;2) ; F(3;0;4) et G(5;1;2).
1. a. Montrer que les points B, C et E ne sont pas alignés.
b. Justifier que le vecteur AFvecteur est normal au plan (BCE).
c. En déduire qu’une équation cartésienne du plan (BCE) est x+z−4=0.
2. a. Montrer que le point G n’appartient pas au plan (BCE).
b. Montrer que les vecteurs BEvecteur, BCvecteur et AGvecteur ne sont pas coplanaires.
c. En déduire que la droite (AG) et le plan (BCE) sont sécants.
Pour la suite de l’exercice, on appellera P le point d’intersection de la droite (AG) et du plan (BCE).
3. a. Montrer qu’une représentation paramétrique de la droite (AG) est :
⎩⎨⎧x=5ty=tz=1+t,t∈R.array réels
b. En déduire les coordonnées du point P.
c. Montrer que le point P est le milieu du segment [EC].
4. Déterminer l’intersection des plans (BCE) et (ACG).
Corrigé de l’exercice 3
1. a.BC(2;1;−2)vecteur et BE(1;−4;−1)vecteur. S’ils étaient colinéaires, il existerait un réel k tel que BC=kBEvecteur : la première coordonnée donne k=2, la deuxième 1=−4k, soit k=−41fraction. C’est contradictoire : les vecteurs ne sont pas colinéaires, donc B, C et E ne sont pas alignés.
b.AF(3;0;3)vecteur.
AF⋅BC=3×2+0×1+3×(−2)=0AF⋅BE=3×1+0×(−4)+3×(−1)=0vecteur fois
AFvecteur est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan (BCE) : c’est un vecteur normal à ce plan.
c. Le plan (BCE) admet une équation de la forme 3x+0y+3z+d=0, ou, en divisant par 3, x+z+d′=0dérivée. Comme B(1;2;3) appartient au plan, 1+3+d′=0dérivée, d’où d′=−4dérivée. Une équation de (BCE) est x+z−4=0.
(Contrôle : C donne 3+1−4=0 et E donne 2+2−4=0.)
2. a. Pour G(5;1;2) : 5+2−4=3=0différent, donc G∈/(BCE).
b.AG(5;1;1)vecteur. Cherchons des réels a et b tels que AG=aBE+bBCvecteur :
⎩⎨⎧5=a+2b1=−4a+b1=−a−2barray
En additionnant la première et la troisième ligne, on obtient 6=0 : le système n’a pas de solution. AGvecteur ne s’écrit pas comme combinaison linéaire de BEvecteur et BCvecteur, qui ne sont pas colinéaires : les trois vecteurs ne sont pas coplanaires.
c.AGvecteur est un vecteur directeur de la droite (AG), et BEvecteur, BCvecteur sont deux vecteurs directeurs non colinéaires du plan (BCE). Une droite est parallèle à un plan si et seulement si son vecteur directeur est coplanaire avec deux vecteurs directeurs du plan. Ce n’est pas le cas ici, donc la droite (AG) n’est pas parallèle au plan (BCE) : elle le coupe en un point unique.
3. a. Pour t=0, on obtient (0;0;1), c’est-à-dire le point A. Le vecteur formé par les coefficients de t, (5;1;1), est AGvecteur, vecteur directeur de (AG). Le système proposé est donc une représentation paramétrique de la droite (AG) (pour t=1, on retrouve d’ailleurs G).
b. Le point de paramètre t de (AG) est dans (BCE) si et seulement si :
5t+(1+t)−4=0⟺6t=3⟺t=21fraction
Donc P(25;21;23)fraction, soit P(2,5;0,5;1,5).
c. Le milieu de [EC], avec E(2;−2;2) et C(3;3;1), a pour coordonnées :
(22+3;2−2+3;22+1)=(2,5;0,5;1,5)fraction
Ce sont les coordonnées de P : P est le milieu de [EC].
4. Les points A, C, G définissent bien un plan : AC(3;3;0)vecteur et AG(5;1;1)vecteur ne sont pas colinéaires (troisièmes coordonnées 0 et 1, alors que les premières sont non nulles).
Les deux plans sont distincts : A appartient à (ACG) mais pas à (BCE), car 0+1−4=−3=0différent. Leur intersection est donc soit vide, soit une droite.
C appartient aux deux plans.
P appartient à la droite (AG), donc au plan (ACG), et à (BCE) par définition.
P et C sont distincts (car P est le milieu de [EC] et E=Cdifférent) : l’intersection des deux plans est la droite (CP). Comme P est le milieu de [EC], cette droite est aussi la droite (CE).
L’intersection des plans (BCE) et (ACG) est la droite (CE).
Exercice 4 : étude de la fonction sin(x)/x (5 points)
5 points
1. On considère la fonction g définie sur l’intervalle [0;2π]pi par :
g(x)=xcos(x)−sin(x)cosinus sinus
On admet que la fonction g est dérivable sur l’intervalle [0;2π]pi et on note g′dérivée sa dérivée.
1. a. Montrer que pour tout réel x de l’intervalle [0;2π]pi, on a g′(x)=−xsin(x)dérivée sinus.
1. b. On donne le tableau de variations de la fonction g sur l’intervalle [0;2π]pi ci-dessous. Justifier chacun des éléments qui figurent dans ce tableau de variations.
xg00↘π−π↗2π2πarray ccccc pi
1. c. Montrer qu’il existe une unique valeur réelle α dans l’intervalle [π;2π]pi telle que g(α)=0.
1. d. En déduire le tableau de signes de la fonction g sur l’intervalle [0;2π]pi.
2. On considère la fonction f définie sur l’intervalle ]0;2π]pi par :
f(x)=xsin(x)fraction sinus
On admet que la fonction f est dérivable sur l’intervalle ]0;2π]pi et on note f′dérivée sa dérivée.
a. Montrer que pour tout réel x de l’intervalle ]0;2π]pi on a : f′(x)=x2g(x)dérivée fraction au carré.
b. Étudier le signe de la fonction f′dérivée sur l’intervalle ]0;2π]pi.
c. En déduire le sens de variation de la fonction f sur l’intervalle ]0;2π]pi.
d. Déterminer la limite de f en 0. On pourra utiliser le taux d’accroissement de la fonction sinus en 0.
3. On considère deux nombres réels r et s qui vérifient l’inégalité : 0<r<s<πpi. Montrer que :
sr<sin(s)sin(r)fraction sinusCorrigé de l’exercice 4
1. a. On dérive xcos(x)cosinus comme un produit : (xcosx)′=1×cos(x)+x×(−sin(x))cosinus dérivée fois sinus. Donc :
sur ]0;π[pi, x>0 et sin(x)>0sinus, donc g′(x)<0dérivée : g est strictement décroissante sur [0;π]pi ;
sur ]π;2π[pi, x>0 et sin(x)<0sinus, donc g′(x)>0dérivée : g est strictement croissante sur [π;2π]pi ;
g′dérivée s’annule en 0, en πpi et en 2πpi.
Valeurs aux bornes et au changement de sens :
g(0)=0×1−0=0g(π)=π×(−1)−0=−πg(2π)=2π×1−0=2πfois pi
c. Sur [π;2π]pi, la fonction g est continue (car dérivable) et strictement croissante, avec g(π)=−π<0pi et g(2π)=2π>0pi. D’après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, l’équation g(x)=0 admet une unique solution α dans [π;2π]pi. Comme g(π)=0pi différent, on a même α>πpi (à la calculatrice, α≈4,49environ).
d. Sur ]0;π]pi, g est strictement décroissante et part de g(0)=0 : g(x)<0. Sur [π;2π]pi, g est strictement croissante et s’annule en α : g(x)<0 sur [π;α[pi et g(x)>0 sur ]α;2π]pi.
xg(x)00−α0+2πarray ccccc pi
2. a. On dérive le quotient vufraction avec u(x)=sin(x)sinus, u′(x)=cos(x)dérivée cosinus, v(x)=x, v′(x)=1dérivée :
f′(x)=x2cos(x)×x−sin(x)×1=x2xcos(x)−sin(x)=x2g(x)dérivée fraction cosinus fois sinus au carré
b. Comme x2>0au carré sur ]0;2π]pi, f′(x)dérivée a le signe de g(x) : f′(x)<0dérivée sur ]0;α[, f′(α)=0dérivée et f′(x)>0dérivée sur ]α;2π]pi.
c. La fonction f est strictement décroissante sur ]0;α] et strictement croissante sur [α;2π]pi.
d. Comme sin(0)=0sinus :
f(x)=x−0sin(x)−sin(0)fraction sinus
C’est le taux d’accroissement de la fonction sinus entre 0 et x. La fonction sinus est dérivable en 0, de nombre dérivé cos(0)=1cosinus, donc x→0limf(x)=1limite.
3. On a 0<r<s<π<αpi, donc r et s appartiennent à ]0;α], où f est strictement décroissante. Ainsi r<s entraîne f(r)>f(s) :
rsin(r)>ssin(s)fraction sinus
Les nombres r, s, sin(r)sinus et sin(s)sinus sont strictement positifs (car r et s sont dans ]0;π[pi). En multipliant les deux membres par le nombre strictement positif sin(s)rfraction sinus, l’inégalité garde son sens :
sin(s)sin(r)>src’est-aˋ-diresr<sin(s)sin(r)fraction sinus est dire