Bac 2026, spécialité maths, jour 1 (Antilles-Guyane) : sujet et corrigé
Sujet de spécialité maths du 16 juin 2026 aux Antilles-Guyane : réacteurs et Bienaymé-Tchebychev, médicament (équation différentielle, suite), espace, x ln(2x − 1).
- Durée
- 4 heures
- Calculatrice
- autorisée
- Sujet officiel
Cherche chaque question avant d’ouvrir son corrigé. L’énoncé est le sujet officiel ressaisi ; les corrigés sont rédigés par Bac-Maths.
Format : mardi 16 juin 2026, 4 heures, quatre exercices, calculatrice en mode examen autorisée. La qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements comptent dans la note ; les traces de recherche, même incomplètes, sont valorisées.
Exercice 1 : contrôle des réacteurs nucléaires (4 points)
Partie A
L’agence de sûreté nucléaire ASNR contrôle les installations des centrales nucléaires afin de garantir leur sécurité et leur conformité. La fréquence des contrôles dépend de l’état du réacteur.
On considère que dans le parc nucléaire français :
- pourcent des réacteurs sont en arrêt pour maintenance ;
- pourcent des réacteurs fonctionnent au ralenti ;
- le reste des réacteurs du parc nucléaire est en état de fonctionnement normal.
On considère également que parmi les réacteurs en arrêt, pourcent sont contrôlés et que parmi les réacteurs fonctionnant au ralenti, pourcent sont contrôlés.
On choisit au hasard un réacteur dans le parc nucléaire français, et on note :
- l’événement « Le réacteur est en arrêt » ;
- l’événement « Le réacteur fonctionne au ralenti » ;
- l’événement « Le réacteur fonctionne normalement » ;
- l’événement « Le réacteur subit un contrôle ».
Pour un événement quelconque , on désigne par barre son événement contraire et par sa probabilité.
On note la probabilité que le réacteur subisse un contrôle sachant qu’il fonctionne normalement, c’est-à-dire .
1. Recopier l’arbre des probabilités ci-dessus en complétant les pointillés à l’aide des données de l’énoncé.
2. Calculer la probabilité que le réacteur soit en arrêt et qu’il subisse un contrôle.
On sait de plus que la probabilité qu’un réacteur du parc nucléaire soit contrôlé est égale à .
3. Montrer que la probabilité est égale à .
4. Le réacteur choisi subit un contrôle. Déterminer la probabilité qu’il fonctionne normalement.
Corrigé de la partie A
1. Les trois états forment une partition : , et .
- Branches issues de : et barre.
- Branches issues de : et barre.
- Branches issues de : et barre.
2. intersection fois.
3. , et forment une partition de l’univers. D’après la formule des probabilités totales :
intersection foisComme : , donc fraction.
4. On cherche . On a intersection fois, donc :
fraction intersection environPartie B
Dans le Sud de la France, on compte réacteurs nucléaires qu’on numérote de à .
On sait que lorsque le réacteur fonctionne normalement, sa production journalière est égale à GWh (gigawattheure), lorsque le réacteur fonctionne au ralenti, sa production journalière est réduite à GWh et enfin lorsque le réacteur est à l’arrêt, sa production journalière est nulle.
On rappelle que , et .
1. On désigne par la variable aléatoire qui modélise la production journalière en GWh d’un réacteur.
1. a. Recopier le tableau ci-dessous et compléter les pointillés donnant la loi de probabilité de la variable aléatoire . On notera les valeurs prises par la variable aléatoire et les probabilités égales à .
| … | … | ||
|---|---|---|---|
| … | … |
1. b. Montrer que l’espérance de la variable aléatoire est égale à et que sa variance est égale à .
2. Pour tout entier naturel compris entre et , on note la variable aléatoire qui modélise la production journalière en GWh du -ème réacteur. Ainsi, par exemple, désigne la variable aléatoire qui modélise la production journalière en GWh du -ième réacteur.
On suppose que les variables suivent la même loi de probabilité que la variable aléatoire , et qu’elles sont indépendantes.
On considère la variable aléatoire qui donne la production totale journalière des réacteurs. On a ainsi . On note l’espérance de la variable aléatoire et sa variance.
2. a. Montrer que et .
2. b. Afin d’éviter le risque de surcharge du réseau et de couvrir l’ensemble des besoins en électricité, la production totale journalière des réacteurs doit être comprise strictement entre GWh et GWh.
Peut-on affirmer que la probabilité d’éviter le risque de surcharge et de couvrir l’ensemble des besoins en électricité est supérieure à ? Justifier.
Corrigé de la partie B
1. a. vaut si le réacteur est à l’arrêt, s’il fonctionne au ralenti et s’il fonctionne normalement.
b.
foisau carré fois, donc :
au carré2. a. Par linéarité de l’espérance : fois.
Les variables étant indépendantes, la variance de leur somme est la somme de leurs variances : fois.
b. Oui. On a . D’après l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev :
supérieur inférieur fraction au carréPar passage à l’événement contraire :
supérieurLa probabilité d’éviter la surcharge tout en couvrant les besoins est au moins , donc supérieure à .
Exercice 2 : deux protocoles d’administration d’un médicament (6 points)
Un médicament est administré à un patient par voie intraveineuse.
La notice du médicament indique que :
- le traitement doit durer au moins h ;
- lorsque sa quantité, en mg, présente dans le sang est supérieure ou égale à mg, il y a un risque de toxicité.
On s’intéresse à la quantité de médicament présente dans le sang au cours du temps sachant que le patient reçoit une première dose de mg.
Deux protocoles sont étudiés dans les deux parties qui sont indépendantes.
Partie A : étude du premier protocole
Après l’injection de la première dose, une quantité supplémentaire de médicament est administrée régulièrement et de façon continue à un patient mis sous perfusion.
Dans cette partie, on modélise la quantité de médicament présente dans le sang du patient par une fonction définie sur infini, où désigne la quantité, en mg, de médicament présente dans le sang du patient, et représente le temps, en heure, écoulé depuis l’injection initiale. On a ainsi .
On admet que :
- la fonction est dérivable sur infini et on note dérivée sa fonction dérivée ;
- la fonction est solution sur infini de l’équation différentielle :
où est une fonction de la variable réelle , définie et dérivable sur l’intervalle infini, et dérivée sa fonction dérivée.
1. Donner les solutions sur infini de l’équation différentielle .
2. Montrer que pour tout réel appartenant à infini, fraction puissance négative.
3. Déterminer la limite de la fonction en infini. Interpréter cette valeur dans le contexte de l’exercice.
4. Étudier les variations de la fonction sur infini.
5. Déterminer, en résolvant une inéquation, au bout de combien de temps après l’injection initiale le médicament présente un risque pour le patient. On donnera la valeur exacte puis une valeur approchée à puissance négative.
6. D’après ce modèle, le protocole présente-t-il un risque pour le patient ? Justifier.
Corrigé de la partie A
1. est de la forme dérivée avec fraction et . La solution constante est fraction. Les solutions de sont les fonctions :
puissance négative fraction réels2. est l’une de ces solutions : puissance négative fraction. Comme : fraction, donc fraction, et fraction puissance négative.
3. Quand infini, fraction infini, donc puissance négative fraction et :
limite infini fraction environSur le long terme, la quantité de médicament dans le sang se stabilise autour de fraction mg, soit environ mg.
4. dérivée fraction fois puissance négative. Une exponentielle est strictement positive, donc dérivée : la fonction est strictement croissante sur infini.
5. Il y a risque quand supérieur :
fraction puissance négative supérieur inférieurLa fonction logarithme ln est strictement croissante sur infini :
fraction inférieur logarithme ln supérieurLe médicament présente un risque à partir de fraction logarithme ln heures, soit environ h après l’injection initiale.
6. Oui. Le traitement doit durer au moins h, or dès fraction logarithme ln environ h la quantité de médicament atteint mg, puis elle reste au-dessus puisque est croissante. Par exemple, environ supérieur : ce protocole présente un risque de toxicité.
Partie B : étude du second protocole
On injecte au patient une première dose de médicament de mg. On admet que la quantité de médicament présente dans le sang du patient baisse de pourcent toutes les heures. Pour compenser cette baisse, on injecte une dose supplémentaire de mg de médicament toutes les heures.
On modélise la situation par une suite , où, pour tout entier naturel , représente la quantité, en mg, de médicament présente dans le sang du patient au bout de heures écoulées depuis l’injection initiale.
Sous ces conditions, on a .
1. Justifier que pour tout entier naturel , fois.
2. a. Montrer par récurrence que pour tout entier naturel , inférieur.
b. En déduire que la suite est convergente.
c. Déterminer la limite de la suite .
d. D’après ce modèle, le traitement présente-t-il un risque pour le patient ? Justifier.
3. On considère la suite définie, pour tout entier naturel , par .
a. Montrer que est une suite géométrique dont on précisera la raison et le terme initial.
b. Montrer que pour tout entier naturel , fois puissance.
4. D’après ce modèle, au bout de combien d’injections supplémentaires la quantité de médicament présente dans le sang de ce patient dépasse-t-elle mg ?
Corrigé de la partie B
1. En une heure, la quantité baisse de pourcent : il en reste . On ajoute ensuite la dose de mg : .
2. a. Pour tout entier naturel , on note : « inférieur ».
Initialisation : et . On a bien inférieur : est vraie.
Hérédité : supposons vraie pour un entier , soit inférieur. On multiplie par puis on ajoute :
inférieur foisc’est-à-dire inférieur, et comme inférieur : est vraie.
Conclusion : pour tout entier naturel , inférieur.
b. La suite est croissante (car inférieur) et majorée par : d’après le théorème de convergence monotone, elle converge.
c. La fonction est continue, donc la limite vérifie , soit et .
d. Non. La suite est croissante et converge vers : tous ses termes sont inférieurs ou égaux à sa limite, donc inférieur pour tout . La quantité de médicament n’atteint jamais le seuil de toxicité de mg : ce traitement ne présente pas de risque.
3. a. Pour tout entier naturel :
est géométrique de raison et de terme initial .
b. Pour tout entier naturel , fois puissance, donc fois puissance.
4. On résout :
fois puissance fractionLa fonction logarithme ln est strictement croissante, et logarithme ln (on change donc le sens de l’inégalité en divisant) :
logarithme ln fraction environLe plus petit entier qui convient est . Vérification : environ et environ. Comme est la quantité juste après la -ième injection supplémentaire, la quantité dépasse mg au bout de 8 injections supplémentaires.
Exercice 3 : vrai ou faux en géométrie dans l’espace (4 points)
Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Justifier la réponse donnée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.
L’espace est muni d’un repère orthonormé vecteur.
On considère :
- les points racine carrée, racine carrée, racine carrée et ;
- la droite dont une représentation paramétrique est donnée par :
- le plan dont une équation cartésienne est : .
On admet que les points , et ne sont pas alignés.
Affirmation 1 : le vecteur vecteur est un vecteur normal au plan .
Affirmation 2 : les droites et sont sécantes.
Affirmation 3 : la droite est parallèle au plan .
Affirmation 4 : le projeté orthogonal de sur le plan est le point de coordonnées racine carrée.
Corrigé de l’exercice 3
Affirmation 1 : vraie. On a vecteur, vecteur et vecteur racine carrée.
vecteurComme , et ne sont pas alignés, vecteur et vecteur sont deux vecteurs non colinéaires du plan . vecteur, non nul, est orthogonal à chacun d’eux : c’est un vecteur normal au plan .
Affirmation 2 : fausse. vecteur, donc une représentation paramétrique de est , racine carrée, (réels). Un point commun vérifierait :
array racine carréeLa deuxième ligne donne , puis la première . La troisième devient : impossible. Les droites n’ont aucun point commun, elles ne sont pas sécantes. (Leurs vecteurs directeurs et racine carrée ne sont pas colinéaires : elles sont même non coplanaires.)
Affirmation 3 : vraie. Un vecteur directeur de est vecteur racine carrée et un vecteur normal à est vecteur.
vecteurvecteur est orthogonal à vecteur : la droite est parallèle au plan . (Le point de obtenu pour , qui est , vérifie différent : est même strictement parallèle à .)
Affirmation 4 : vraie. Deux conditions à vérifier.
- appartient à : .
- vecteur est colinéaire au vecteur normal vecteur : la droite est orthogonale à .
est donc le projeté orthogonal de sur .
Exercice 4 : étude de x ln(2x − 1) (6 points)
Partie A : lecture graphique
On considère une fonction définie et deux fois dérivable sur l’intervalle fraction infini. On note dérivée sa fonction dérivée et dérivée sa fonction dérivée seconde.
On a tracé, dans un repère orthogonal, la courbe de la fonction , notée , ainsi que la tangente à au point . On précise que passe par le point .
On répondra aux questions suivantes en les justifiant à l’aide du graphique.
1. Déterminer dérivée.
2. La fonction est-elle concave sur fraction infini ?
3. Déterminer dérivée.
Corrigé de la partie A
1. dérivée est le coefficient directeur de la tangente , qui passe par et :
dérivée fraction2. Non. Une fonction concave a sa courbe en dessous de chacune de ses tangentes. Or, pour , la courbe est au-dessus de sa tangente . Graphiquement, semble concave sur fraction (courbe sous ) et convexe sur infini.
3. Au point , la courbe traverse sa tangente : est un point d’inflexion, où dérivée s’annule en changeant de signe. Donc dérivée.
Partie B : étude de fonction
On admet que la fonction représentée graphiquement dans la partie A est définie sur l’intervalle fraction infini par :
logarithme lnoù logarithme ln désigne la fonction logarithme népérien.
On rappelle que :
- la fonction est deux fois dérivable sur l’intervalle fraction infini, que dérivée désigne sa fonction dérivée et dérivée sa fonction dérivée seconde ;
- désigne la courbe représentative de la fonction sur l’intervalle fraction infini.
1. Déterminer, en justifiant, la limite de la fonction en fraction. En déduire une interprétation graphique.
2. Résoudre l’équation sur l’intervalle fraction infini.
3. On admet que pour tout réel appartenant à l’intervalle fraction infini :
dérivée logarithme ln fraction3. a. Montrer que pour tout réel appartenant à l’intervalle fraction infini :
dérivée fraction au carré3. b. Montrer que admet un unique point d’inflexion et que ce point est l’intersection de avec l’axe des abscisses.
4. a. Montrer que la fonction est positive sur l’intervalle .
4. b. On admet que pour tout appartenant à l’intervalle fraction infini, on a :
fraction au carré foisMontrer que :
intégrale au carré fraction logarithme ln4. c. On note l’aire du domaine délimité par la courbe , l’axe des abscisses et les droites d’équation et .
En vous aidant d’une intégration par parties, déterminer la valeur exacte de l’aire en unité d’aire.
Corrigé de la partie B
1. Quand fraction avec fraction, puissance, donc logarithme ln infini. Comme fraction, par produit :
limite fraction puissance infiniLa droite d’équation fraction est asymptote verticale à la courbe .
2. Un produit est nul si et seulement si l’un de ses facteurs est nul. n’appartient pas à l’intervalle, donc :
logarithme lnL’ensemble des solutions est .
3. a. On dérive dérivée. La dérivée de logarithme ln est fraction. Pour fraction, on utilise la dérivée d’un quotient avec , dérivée, , dérivée :
fraction dérivée fois au carréOn met au même dénominateur :
dérivée fraction au carréb. Sur fraction infini, au carré : dérivée est du signe de .
array ccccc fraction infini dérivée concave convexedérivée s’annule en changeant de signe uniquement en : admet un unique point d’inflexion, d’abscisse . Son ordonnée est fois logarithme ln : c’est le point , c’est-à-dire le point . D’après la question 2, c’est le seul point d’intersection de avec l’axe des abscisses.
4. a. Pour : et supérieur, donc logarithme ln supérieur. Par produit, supérieur.
b. On intègre l’égalité admise terme à terme. Une primitive de fraction est logarithme ln (de la forme fraction dérivée avec ), donc une primitive de fraction au carré est fraction au carré logarithme ln.
intégrale au carré fraction logarithme lnc. D’après la question 4. a, supérieur sur , donc intégrale au carré logarithme ln.
On intègre par parties avec logarithme ln, dérivée fraction, dérivée, fraction au carré (fonctions dérivables à dérivées continues sur ) :
fraction au carré logarithme ln intégrale foisAvec la question 4. b :
logarithme ln fraction environPartie C : généralisation
On désigne par un réel strictement positif et par la fonction définie sur l’intervalle fraction infini par :
logarithme lnOn admet que est deux fois dérivable sur l’intervalle fraction infini. On note dérivée sa fonction dérivée, dérivée sa fonction dérivée seconde, et sa représentation graphique.
On admet que pour tout appartenant à l’intervalle fraction infini :
dérivée fraction au carré1. Montrer que pour tout réel strictement positif, la courbe admet un unique point d’inflexion .
2. Montrer que les points sont alignés, appartenant à l’intervalle infini.
Corrigé de la partie C
1. Sur fraction infini, au carré et : dérivée est du signe de . Comme :
fractionEt fraction, donc fraction appartient bien à l’intervalle. dérivée est négative sur fraction, s’annule en fraction et est positive sur fraction infini : elle change de signe en un seul point. admet donc un unique point d’inflexion , d’abscisse fraction.
2. L’ordonnée de est :
fraction logarithme ln foisDonc fraction : tous les points sont sur l’axe des abscisses, ils sont alignés. (On retrouve le point de la partie B pour .)
Sujet officiel
26-MATJ1AG1 · session 2026Énoncé © ministère de l’Éducation nationale, ressaisi. Corrigé : Bac-Maths.